Entre les ambitions exaspérées du jeu social, les trahisons et renouements du jeu amoureux, nous passons une large part de nos existences dans des temps creux : les moments d’attente. La littérature dramatique s’est assez peu intéressée à ces moments, sans doute parce qu’ils sont facteurs de déplaisir, entraînent des successions d’idées douloureuses, évoquent des souvenirs cuisants ou simplement désagréables. Je me suis attaché à présenter des hommes et des femmes dans de pareils moments : entre deux portes, deux êtres, dans des situations d’expectative, provisoires, donc déséquilibrées. Comme si la vie n’était qu’une suite de ces transitions entre le hasard de notre naissance et la certitude de notre fin. L’attente qui parvient à neutraliser la seule beauté de notre condition humaine : la liberté existentielle d’agir, d’être en situation. Entre l’enfer et le paradis, la religion a inventé le purgatoire.
CE QUI ARRIVE ET CE QU’ON ATTEND. Création Gaîté-Montparnasse, Paris, 9 mars 93, m.e.s. Patrice Kerbrat, avec Sabine Haudepin, Marie-France Pisier, Christophe Malavoy et Samuel Labarthe. Spectacle repris au Théâtre des Mathurins le 28 jan. 94 avec Judith Magre. Prix du syndicat de la critique comme Meilleur Création Française, Prix Nouveau Talent Théâtre de la SACD (Juin 93). Quatre Nominations aux Molières 94 dont “Meilleur Auteur” et “Meilleur Spectacle”. Version américaine de Hal J.Witt (“What You Get and What You Expect”) créée au NEW YORK THEATER WORKSHOP, février-avril 2000, m.e.s. Christopher Ashley. Version anglaise de Jeremy Sams créée en juillet 1998 au Lyric Hammersmith, Londres, m.e.s. Thierry Harcourt.